Le Premier ministre tunisien, Mohamed Ghannouchi, le 17 janvier 2011 à Tunis STR NEW / REUTERS
MONDE - Le Premier ministre reste en poste, mais les principaux ministres controversés cèdent leur place...
Un gouvernement de consensus ou presque. Le Premier ministre tunisien, Mohamed Ghannouchi, a dévoilé jeudi soir le remaniement prévu depuis plus d’une semaine après que plusieurs ministres ont démissionné afin de protester contre la présence de membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti présidentiel, au sein de l’équipe gouvernementale.
Devant la pression de la rue et des forces d’opposition, Mohamed Ghannouchi, qui reste en poste, a fini notamment par évincer les ministres de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères, membres du RCD, qui occupaient déjà ces postes sous l’ère Ben Ali. Au total, ce sont 12 ministres qui ont été remplacés, à la grande satisfaction de la puissante centrale syndicale UGTT.
Unanimité autour du nouveau gouvernement
Certains de ses membres avaient été appelés dans la première mouture du gouvernement transitoire, mais s’en étaient retirés immédiatement, refusant de siéger auprès d’ex-ministres de Zine Ben Ali. S’ils approuvent ce remaniement, ils ne feront pas partie pour autant de la nouvelle équipe.La mise à l'écart des principaux caciques du RCD reste cependant essentielle et devrait renforcer la légitimité du gouvernement d’union. Mohamed Ghannouchi a souligné qu’en plus de l’UGTT, l'ensemble des partis politiques et des acteurs de la société civile ont été consultés et ont donné leur accord au gouvernement remanié. Dans la rue, des manifestants réclamaient cependant toujours le départ du Premier ministre, en poste lui aussi au sein du régime de Zine Ben Ali.
Un «comité des sages» pour superviser la transition
«Il s'agit d'un gouvernement intérimaire de transition qui restera en place jusqu'à ce qu'il accomplisse sa mission de mener le pays à la démocratie", a-t-il rappelé lors d'une allocution télévisée. Le Premier ministre a également annoncé que des élections libres - les premières en Tunisie - seraient organisées par une commission indépendante et en présence d'observateurs internationaux.Outre le remaniement, les autorités de transition ont prévu de former un «comité de sages» pour superviser la transition vers un régime démocratique après les années de plomb du régime Ben Ali. Personnalité politique respectée et éminente du temps de Habib Bourguiba, Ahmed Mestiri a déclaré qu'il espérait être nommé à la tête de ce comité. «Le comité protégera la révolution qui s'est déclenchée de manière spontanée. Le moment est venu de structurer le mouvement», a déclaré Ahmed Mestiri, âgé de 80 ans.
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